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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 14:40

C’est le thème d’un atelier qui s’est déroulé du 12 au 16 avril dernier au Centre Kenyatta de conférence internationale à Nairobi au Kenya.

 

Le changement climatique a tellement bouleversé le monde agricole que les récoltes se sont rétrécies en Afrique et dans d’autres pays en développement. Cela a jeté une grave inquiétude sur les petits producteurs d’Afrique qui ne savent plus à qui s’en remettre. Selon les chercheurs, si les choses restent en l’état, le continent africain aura du mal à nourrir ses enfants d’ici à 50 ans, vu l’accroissement de sa population (10% de la population mondiale). Cependant, les spécialistes voient une issue de sortie.

 

D’abord privilégier les informations climatiques qui sont au début et à la fin de toute production agricole. “Nous avons des scientifiques, des spécialistes qui peuvent prévoir le temps, mais ils ne le font pas”, déplore Hans Rudolf Herren, un des panélistes, président de Millenium Institute basé à Washington. Les services météorologiques de chaque pays doivent renforcer leurs capacités opérationnelles en vue de fournir aux agriculteurs les informations climatiques en temps réel “pour les aider à prendre la bonne décision au bon moment”, ajoute Hans Herren. Le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (Omm), le Français Michael Jarraud plaide, lui, pour le recrutement de jeunes météorologues dans les ministères concernés. “Il faut démonter que l’argent mis dans la météo n’est pas perdu, mais constitue un investissement”, maintient-il. Pour son adjoint, le Sud africain Jeremiah Lengoasa, “les cultivateurs ont besoin des informations adéquates. Quelle quantité de pluie tombera, par exemple. Le ministère de l’agriculture doit conseiller les cultivateurs sur tout ce dont ils ont besoin pour faire leur travail. Et ces derniers doivent se mettre en association pour demander ce dont ils ont besoin au département en charge de l’agriculture et de la météo”. Car les productions agricoles dépendent en grande partie des aléas climatiques. C’est d’ailleurs ce qu’a recommandé la première conférence des ministres africains en charge de la météorologie, tenue du 15 au 16 avril dernier à Nairobi. Les ministres africains s’engagent à “renforcer les services météorologiques nationaux en les dotant de toutes les ressources nécessaires et de cadres institutionnels appropriés afin de leur permettre de s’acquitter pleinement de leurs fonctions (…)”, lit-on dans la déclaration dite de Nairobi.

 

Il faut promouvoir la technique push-pull qui permet aux paysans de multiplier par 4 ou 5 leurs productions (voir NDJH 1275). Cette pratique convient mieux aux paysans africains qui sont, pour la plupart, des petits producteurs parce qu’elle n’a pas besoin d’engrais chimique qui appauvrit les terres cultivables. Les experts encouragent les paysans à pratiquer l’agriculture bio (sans engrais chimiques ni pesticides), celle qui consiste à utiliser les déchets organiques. Les cultivateurs sont également conseillés de faire la culture diversifiée qui réduit les risques de grosses pertes et produit une source diversifiée de revenus. Ils doivent associer à cela l’élevage laitier qui demeure une source de revenus non négligeable. Ce secteur a permis aux paysans de Kabiyet dans le district de la Vallée du Rift au Kenya de produire, en l’espace de 11 mois d’activité, 36.000 litres de lait par jour. D’ici à quelques mois, ils ouvriront leur propre banque.

 

Ensuite, les gouvernements sont appelés à mettre plus d’argent dans l’agriculture (10% du produit intérieur brut). “Les gens oublient qu’il y a de grandes potentialités d’accroître la production des vivres en Afrique. Les agronomes et d’autres spécialistes en agriculture doivent y penser”, fait remarquer un autre conférencier, Pr Christian Borgemister, directeur du Centre international de recherche en physiologie et écologie des insectes (Icipe) à Nairobi.

 

Les experts ont attiré l’attention des journalistes sur le danger que représentent les investisseurs étrangers qui dépossèdent les cultivateurs africains de leurs terres cultivables. “C’est une nouvelle façon de déposséder l’Afrique de ses ressources car, le gain à court terme fera perdre ses terres à l’Afrique”, critique Paul Matiku, directeur de Kenyan Nature. Son compatriote, John Matunga, de la Fédération nationale des producteurs agricoles du Kenya (Kenfap) abonde dans le même sens. “Le gouvernement ne fait que chercher des investissements étrangers. Mais c’est une manière de marginaliser les gens. Est-ce que l’Afrique devient un champ d’expérience ? Les gouvernements africains en sont-ils vraiment conscients ?”, s’interroge-t-il. Quant à Su Kahumbu, fondatrice de Green dream, une Ong qui  encourage l’agriculture organique, elle regarde vers la jeunesse. “Nous devons réinventer l’agriculture en attirant les jeunes à travailler la main dans la main avec les cultivateurs”, propose-t-elle.

 

La gestion de l’eau s’impose également, puisque les eaux de ruissellement, qui pouvaient rendre service, sont perdues chaque année, alors que certaines régions présentent de faibles pluviométries.

 

Voilà quelques solutions que les techniciens et experts proposent aux gouvernants et cultivateurs afin de maximiser les productions agricoles et éloigner le spectre de la famine en Afrique. La balle est dans le camp des acteurs du monde agricole.   

 

Augustin Zusanné

Par tintineriesdezus.over-blog.com - Publié dans : Environnement
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 14:30

Lors de la 4ème réunion du Groupe technique consultatif pour l’éradication de la poliomyélite, les experts ont renouvelé l’espoir de voir le Tchad bouter cette maladie hors de son territoire à la date du 31 décembre 2010.


Je déclare la guerre à la poliomyélite”. Ainsi martelait Déby Itno, le 6 mars dernier, en dégageant du coup, la somme de 4 milliards francs CFA pour le financement du plan d’urgence polio. Cependant, les défaillances du système sanitaire tchadien sont nombreuses et béantes. Une chaîne de froid obsolète et non supervisée, un faible programme élargi de vaccination touchant un nombre fictif d’enfants (couverture vaccinale inférieure à 50%), un bureau d’information, éducation et communication (Biec) inefficace…, sont autant de tares que le ministère doit régler au plus vite pour bouter la polio hors du pays d’ici au 31 décembre 2010.


En l’an 2000, on parlait avec assurance de l’éradication de la poliomyélite, cette maladie qui paralyse à vie les enfants. Les associations telles que Rotary avaient même commencé déjà à jubiler. Mais très tôt, tout le monde a déchanté, car le virus de la maladie a vite refait surface. Les parents nigérians étaient hermétiques à toute tentative de faire vacciner leurs enfants. Cette situation a favorisé la propagation du poliovirus dans les pays voisins du Nigeria et les efforts fournis au Tchad pour anéantir cette maladie se sont effondrés comme un château de cartes. Le Tchad était à un doigt de l’éradication lorsqu’en 2003, des cas de polio ont resurgi. La situation a évolué assez rapidement. En 2007, on était à 21 cas. L’année suivante, le nombre d’enfants paralysés est monté à 35, pour atteindre 64 en 2009. Rien que pour l’année en cours, 166 cas de paralysie flaque aiguë ont déjà été notifiés dont 14 confirmés. Et on croit dur comme fer à l’éradication de cette maladie paralysante à la fin de cette année, à l’exception de certains sceptiques comme Dr Patalé Tezéré Mady, membre du Gtc. “je réitère mon doute d’éradication en 2010. Le problème n’est pas d’y injecter de l’argent, mais parer à l’urgence. Or, l’urgence n’existe pas au Tchad”, désespère-t-il.


Augustin Zusanné

 

Par tintineriesdezus.over-blog.com - Publié dans : Compte-rendu
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 14:13

Cela n’arrive peut-être pas souvent, mais Ethiopian airlines a rendu la tâche difficile à ses clients du 18 au 20 avril dernier entre Nairobi et N’Djamena.

 

Dimanche 18 avril 2010. Après un bon moment passé à l’église, nous quittons la guest house à 16h, tout joyeux pour l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi. Notre vol Ethiopian Airlines devait avoir lieu à 18h15. Tout se fait sans anicroche jusqu’au dernier contrôle qui mène à la salle d’embarquement. Apparemment, l’appareil est prêt pour le vol ET 800.

 

17h50. les passagers montent à bord puis les premières consignes de vol sont données. Le pilote met l’avion en marche, mais n’arrive pas à le faire décoller. “Mesdames et messieurs, nous avons un petit souci technique. Nous vous demandons de nous en excuser”, indique le pilote.

19h passées. Après plusieurs tentatives infructueuses, l’équipage demande gentiment aux passagers de vider le Boeing. Les voyageurs descendent, dans un remue-ménage teinté de mécontentement, et reprennent place dans le hall d’embarquement. Un rafraîchissement est servi. Toutes les demi-heures, des informations sur la panne sont mises à jour jusqu’à 21h30 où la compagnie décide d’annuler le vol. C’est le mécontentement dans la salle d’attente. “Je dois être à destination demain. Comment vous aller faire alors ?”, lance un homme. “Amenez-nous un autre appareil !”, insiste un autre voyageur. “Nous sommes coincés pour le moment. Tous nos appareils sont actuellement indisponibles. Nous vous amenons à l’hôtel et vous tiendrons informés de tout changement”, intervient un employé d’Ethiopian Airlines.

 

22h environ. Il faut refaire les formalités de police avant de quitter l’aéroport. Dans le bus du retour, pas de causerie ; tout le monde est fatigué. A l’hôtel, les voyageurs rejoignent leurs chambres et ont la chance de prendre un dîner avant de s’assoupir. 19 avril. Les passagers se réveillent, le lendemain matin, à temps pour prendre le petit déjeuner et s’apprêter pour le bus de l’aéroport à 8h30, puisque le vol est vaguement fixé à 10h. Avant que l’heure du départ n’arrive, une autre mise à jour tombe à la réception de l’hôtel. Les passagers sont priés une fois de plus d’attendre…14h00 ! Une agence d’Ethiopian airlines se trouve à deux pas de l’hôtel. Certains passagers s’y portent pour s’en quérir de l’heure exacte de vol. “vous voyagez à 18h15, pour passer la nuit à Addis, monsieur. Le vol suivant est à 10h”, renseigne une jeune dame, après une manipulation du clavier de son ordinateur. “Là, ce n’est pas possible madame. Je dois arriver, aujourd’hui même, à Abidjan. Parce que j’ai une réunion importante demain. Donc, je ne peux pas attendre, remettez-moi mon argent”, braille un Français au téléphone portable avec un des responsables de la compagnie. On ne sait comment les choses se sont arrangées pour lui.

 

14h30. Après avoir déjeuné à l’hôtel, les voyageurs s’ébranlent dans les bus pour l’aéroport. Le check-in se fait sans problème ainsi que l’embarquement. C’est une fois à bord qu’ils sauront que le vol ET800 (qui s’est mue en ET2800) prévoit une escale d’une heure à Mombassa.

 

L’avion s’envole pour la grande ville côtière à 18h30, avec un retard  d’un quart d’heure. Il se pose à Mombassa, après 41 minutes de vol, pour un approvisionnement en carburant. 20h20, décollage pour Addis Abeba, puis atterrissage à 22h18, à l’aéroport international Bole de la capitale éthiopienne. Il fait 17°C. Puisque le vol suivant a lieu le lendemain à 10h (8h, heure de N’Djamena), tous les passagers transitaires se dirigent vers le service de transfert pour régler les petits détails de logement à l’hôtel. Les noms de tous les passagers du vol ET 800 étaient déjà envoyés au service de transfert (Interlink) avant le vol et les hôtels bookés. Les voyageurs remettent leurs passeports aux agents d’Ethiopian airlines puis font la queue pour attendre le ticket d’hôtel. Les esprits commencent à se chauffer, comme le temps s’envole. “Attendez seulement. Il y a beaucoup d’autres passagers qui attendent d’être servis”, réprimande une employée à certains passagers fatigués d’attendre.

 

23h45. une nouvelle vague de passagers arrivent et rendent la tâche difficile au staff de la compagnie éthiopienne. Plusieurs billets d’avion ont pris des erreurs. Par exemple, certains passagers dont le vol est à 10h se sont vu renvoyés à 22h, alors qu’ils doivent quitter leurs hôtels de transit à 7h30. La première bataille est finie. Mais il faut maintenant trouver les bus pour joindre l’hôtel. Il a fallu que les passagers haussent le ton pour que les bus arrivent à 00h50. Même à bord, certains passagers ont continué à gronder. “Hier, nous avons manqué notre vol ; aujourd’hui vous mélangez tout. Nous sommes frustrés”, a lancé un voyageur en provenance de Nairobi. C’est sur ces entrefaites que les bus quittent l’aéroport à 1h30 pour les hôtels de transit afin de passer le reste de la nuit.

 

Le lendemain, à leur arrivée à l’aéroport à 8h, les voyageurs en partance pour N’Djaména apprennent que leur vol est retardé pour 11h. De l’autre côté du service Interlink, les esprits n’ont pas fini de s’échauffer. Un passager habillé en djellaba vert sombre, le visage mangé par la barbe, est fatigué d’attendre son billet pour Dubaï que les agents d’Ethiopian lui ont promis depuis la veille. Il pénètre le bureau et commence à gesticuler avec colère à l’employé assis devant lui. “Vous m’avez demandé de venir ce matin et je perdre tout mon temps ici. Tout ce que je veux, c’est de m’en aller”, fait-il savoir, le visage froissé et la gorge serrée. Une autre femme venant fraîchement de la France apprend que son vol est annulé. “Je dois savoir pourquoi mon vol est annulé, parce que je vais à une importante conférence. Comment vais-je expliquer alors l’annulation de mon vol”, proteste-t-elle. Une autre dame qui attend aussi d’être servie lance des “excusez-moi, excusez-moi” infertiles au guichet.

 

10h30. Les minutes s’égrènent et l’heure de certains vols s’approche inexorablement. Un petit homme, teint noir, sac en bandoulière, quitte son siège d’attente pour le guichet parce que mécontent. “Vous avez pris mon passeport depuis longtemps. Maintenant tout le monde est parti et mon vol est à 13h15. Qu’est-ce que c’est ?”, crie-t-il sa colère.

 

11h. les passagers en direction du Tchad ont déjà pris place dans le hall 1A. Le vol est encore retardé sine die, cette fois-ci. L’attention des voyageurs est partagée entre les va-et-vient des agents de l’aéroport et le tarmac mouvementé par les départs et les arrivées des avions. Ils commencent à descendre les escaliers, mais les employés de l’aéroport les en dissuadent. “Non, ne descendez pas. Il n’y a pas d’appareil disponible actuellement. Vous voyagerez”, tente de rassurer une employée tout de vert vêtue. L’atterrissage d’un avion de Flying emirates, à 11h30, attire l’attention de tout le monde dans le hall d’attente. Or, l’oiseau d’Ethiopian airlines qu’attendent les voyageurs se ravitaille en carburant et charge les bagages.

 

C’est en soupirant que les passagers quittent l’aéroport Bole d’Addis Abeba à 10h43 (heure de N’Djamena) pour débarquer dans la géhenne n’djamenoise à 14h18 (48°C). Difficile d’ouvrir les paupières.

 

Augustin Zusanné

 

Par tintineriesdezus.over-blog.com - Publié dans : Carnet de voyage
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 13:59

 Zain Tchad a-t-il créé son propre chronomètre pour gérer les appels de ses abonnés ? C’est la question que se posent les clients de cet opérateur de téléphonie mobile, ce dernier temps.

 

Pour ceux des abonnés de la téléphonie mobile qui ont activé le chronomètre de leurs téléphones portables, à chaque fin d’appel, ces appareils affichent la durée de la conversation. Quelques secondes après, Zain envoie au client sa facture, comprenant la durée de la communication, son coût et parfois son solde. Mais fait curieux : il y a toujours de différence notable entre la durée que donne le portable et celle que fait parvenir Zain Tchad à ses clients, après chaque appel. Et certains abonnés se plaignent, mais en silence, étant donné que l’écart peut parfois aller  de 2 à 7 secondes. “Le chronomètre de Zain-Tchad ne satisfait pas le client que je suis. parfois, quand je fais un appel, la durée et le coût ne se correspondent pas. La durée est courte et le coût élevé. J’ai même appelé le 111 un jour, mais on ne m’a pas satisfait, arguant que mon correspondant n’a pas raccroché vite”, se plaint un revendeur de Zaibn-Tchad.

 

Considérons par exemple que 100.000 abonnés de Zain Tchad subissent quotidiennement ce coup. L’opérateur se délecterait d’au moins 100.000 Francs CFA par jour. Au pire des cas, c’est une cagnotte de 500.000 ou 700.000 Francs que Zain Tchad empoche ainsi  par jour ! Un jeu subtil dont les clients ne s’en aperçoivent pas. “C’est un vol organisé qui ne dit pas son nom”, dénonce un fonctionnaire au ministère chargé de la Décentralisation. Nous avons tenté d’obtenir des explications de la part de cet opérateur de téléphonie mobile, mais on nous a traînés en longueur au service Marketing. Pourtant, nous avons satisfait à l’exigence selon laquelle Ndjh devait envoyer un courrier à Zain-Tchad pour escompter une réponse au problème posé.

 

A l’Office tchadien de régulation des télécommunications (Otrt), rien n’a été fait, puisqu’on ne sait pas ce qui se passe. Le service contentieux informe qu’aucun client n’est allé se plaindre d’une telle escroquerie. Cependant, le régulateur ne restera pas bras croisés. “Nous avons appris cela, mais il nous faut faire un rapport formel avec des données précises pour rappeler à l’ordre l’opérateur, au cas où ces informations s’avéreraient vraies”, précise Houzibé Tcholna, chef de service Contentieux de l’Otrt. Il ajoute, par ailleurs, que le Tchad ne dispose pas encore d’une réglementation appropriée qui prenne en compte, d’une manière claire, les intérêts des consommateurs, mais gère beaucoup plus les opérateurs. Pour le chef de service Tarification et interconnexion, certains opérateurs font une tarification toute taxe comprise, pendant que d’autres facturent, en hors taxe, les appels. D’où l’écart sur le chronomètre. “Nous n’avons jamais reçu une plainte officielle de l’Adc ­à ce sujet. Il faut que nous ayons de donnée précises pour rappeler à l’ordre”, renforce Dounoné Houlgueng Keblouabé, par ailleurs ingénieur des télécommunications.

 

Le secrétaire général de l’Association de défense des droits des consommateurs (Adc) ne dément pas cette information, mais a plutôt une approche holistique. “C’est une préoccupation pour nous. Nous voulons approfondir la question d’une manière générale avec tous les opérateurs de téléphonie et étendre nos actions dans d’autres secteurs. Qu’est-ce qui vous certifie, par exemple, que la balance de pesée à l’aéroport ou les distributeurs des stations services sont conformes à la norme ?”, s’interroge Daouda El-Hadj Adam. Le défenseur des consommateurs tchadiens entend saisir l’Otrt pour tirer cette affaire au clair. “Nous sommes en train d’initier un courrier pour rappeler cela à l’Otrt, parce qu’il a les capacités de savoir si les horloges utilisés par les opérateurs sont conformes et homologués. Il faut que l’organe de régulation se saisisse de cette affaire pour réguler l’activité de tous les opérateurs”, plaide le Sg de l’Adc.


Cependant, certains consommateurs accusent l’Adc d’être amorphe. “On ne la sens que dans les communiqués et les conférences de presse. On ne peut pas défendre les consommateurs de cette manière”, critique un client de Zain Tchad. Le responsable de l’Adc renvoie l’ascenseur. “Qu’est-ce que les consommateurs eux-mêmes font ? On ne lutte pas par procuration ! Si un consommateur se rend compte qu’un opérateur l’arnaque, il a le droit de le quitter. C’est son argent. L’opérateur le ressentira économiquement. Nous n’avons pas le monopole de la défense des consommateurs”, rejette Daouda El-Hadj Adam.

 

Ce chrono tricheur vient s’ajouter  aux disparitions subites de crédits d’appel que les abonnés déplorent jusqu’ici sans y trouver de réponse. Quelle sera alors la prochaine astuce de  Zain-Tchad ?  

 

Augustin Zusanné

Par tintineriesdezus.over-blog.com - Publié dans : Enquête
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Jeudi 11 novembre 4 11 /11 /Nov 13:52
L’Ong humanitaire International medical corps (Imc) a présenté le 30 septembre dernier à Abéché, un rapport sur les risques de recrutement des enfants soldats à l’est du Tchad. Un rapport qui montre que la fin du problème n’est pas pour demain. Ces résultats proviennent d’une enquête menée auprès de 240 enfants (filles et garçons) et adultes dans cinq camps de réfugiés et sites des déplacés de Milé, Amnabak et Kounoungou (Wadi Fira) et Gaga (Ouaddaï), ainsi que les villages environnants. Le rapport indique qu’une bonne partie des enfants est recrutée dans ces cantonnements. Les recruteurs viennent autour des camps et sites, voire à l’intérieur pour dénicher les gosses qui peuvent manier le fusil, transporter les bagages, faire la cuisine ou encore servir de messagers... Certaines écoles coraniques, les points de vente des boissons alcoolisées, les montagnes et ouadis sont également des endroits où les mineurs sont enrôlés. Les transactions peuvent commencer dans les “maisons de chicha” où l’on fume le cigare oriental. Plus accablant encore, le Détachement intégré de sécurité (Dis) est aussi épinglé par ce rapport. “Dans tous les sites de l’exercice, les enfants ont une très mauvaise perception des camps du Dis. Ils sont plus considérés comme des menaces pour eux, contrairement à leur mission de sécurité (…)”, précise le document d’Imc. Naturellement, les enfants ne sont pas enrôlés gratuitement. Les recruteurs et leurs complices, parfois installés au sein même des camps ou dans les villages, utilisent la “carotte” pour avoir gain de cause. Dans ces endroits où la pauvreté a droit de cité, les parents n’ont rien à opposer aux promesses et autres propositions que leur font miroiter les recruteurs. “Certaines réponses à nos questions mettent en exergue les récompenses en espèces que les enfants reçoivent avant leur enrôlement dont le montant se situe dans l’intervalle de 10.000 à 250.000 FCFA et varie selon les recruteurs”, indique le rapport. Certains enfants, qui n’ont pas de choix, se contenteront des butins de guerre, au cas où ils ne se font pas zigouiller, bien sûr. Les vendeurs d’illusions ont des périodes stratégiques pendant l’année. Evidemment, les marchandages s’accentuent pendant les périodes de combat afin de “préparer une offensive ou compenser les pertes en effectif, après une âpre bataille perdue”. Et tous les enfants n’intéressent pas forcément les éléments armés. Les enfants qui finissent le cycle primaire dans les camps deviennent oisifs parce qu’ils n’ont plus de collège, encore moins de lycée. Ces écoliers constituent une proie facile pour les recruteurs. A cette catégorie d’enfants vulnérables s’ajoutent ceux qui n’ont jamais été à l’école ou qui y ont fait un parcours éclair. Les orphelins et d’autres gosses vivant dans des familles très pauvres ne sont pas du reste. D’où viennent les recruteurs ? Les résultats de cette enquête montrent que la proximité des camps d’avec le champ d’action des groupes armés facilite les recrutements. Les groupes armés soudanais du Mouvement pour la justice et l’égalité (Mje) et du Mouvement pour la libération du Soudan (Mls) pullulent dans le Darfour et l’Est tchadien. Les rebelles tchadiens également puisent aussi bien dans les camps des réfugiés que sur les sites des déplacés. Le rapport montre que l’armée régulière tchadienne aussi s’intéresse “occasionnellement” aux enfants. Il faut cependant relever que les recrutements sont volontaires. Ainsi, certains demandeurs jettent leur dévolu sur le réseau familial pour avoir ces bras valides bon marché. Et quand l’esprit de vengeance s’y invite, les choses deviennent souvent faciles. “Il est très courant pour un réfugié soudanais au Tchad d’avoir un membre de sa famille qui est dignitaire dans l’armée tchadienne que pour un villageois tchadien d’avoir un membre de sa famille élément influent d’un groupe soudanais”, renforce le rapport. Le recrutement par pair est également envisagé, selon le document qui fait mention de la présence, dans un camp, d’un enfant soldat envoyé spécialement du Darfour pour sensibiliser ses camarades civils à embrasser le métier d’armes. Ce rapport sur la situation de risque n’a pas été du goût de certains participants, notamment le représentant du Conseil supérieur des affaires islamiques à Abéché et le délégué de l’Action sociale du Ouaddaï. Ils n’ont pas apprécié que les résultats de l’enquête d’International medical corps pointent du doigt certaines écoles coraniques. “Il n’y a pas de fiabilité dans ces résultats”, a lancé le délégué de l’Action sociale du Ouaddaï. Qu’à cela ne tienne, Imc compte exfiltrer environ 2 000 enfants soldats des formations armées en 2011. Mettant fin à la présentation de ce rapport, le point focal du ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale sur la question des enfants soldats s’est réjoui des résultats de l’enquête qui, selon lui, fera avancer les choses. “Ce rapport a montré les vraies causes de l’enrôlement des enfants dans les groupes armés qui constitueront les thèmes des prochaines campagnes de sensibilisation”, a déclaré Hinféné Pateziari François. Cela évitera d’arriver au pire, pour ne pas donner raison à un écrivain qui a affirmé qu“un peuple en guerre n’a plus d’enfants, il n’a que de soldats”. Augustin Zusanné
Par tintineriesdezus.over-blog.com - Publié dans : Compte-rendu
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